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Le nouveau Plan Cancer national belge 2026–2036 : ce qu’il signifie pour le cancer du poumon ALK-positif

Actualités d'APB et défense des intérêts

La Belgique a publié son Plan Cancer national 2026–2036, qui prévoit 34 actions pour améliorer la prévention, le diagnostic, le traitement, la recherche et la qualité de vie au cours de la prochaine décennie.

Pour les personnes atteintes d’un cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) ALK-positif, plusieurs mesures proposées sont particulièrement pertinentes, notamment un meilleur accès aux tests moléculaires, aux soins spécialisés en oncologie, aux traitements innovants et aux technologies émergentes comme la biopsie liquide.

ALK Positive Belgium salue ces avancées et suivra de près la manière dont le plan se traduira par des améliorations dans la prise en charge des patients.

Un meilleur accès aux tests moléculaires

Le cancer du poumon ALK-positif est causé par une altération génétique du gène ALK. Identifier cette altération au moyen de tests de biomarqueurs appropriés est essentiel pour choisir un traitement ciblé.

Le nouveau Plan Cancer propose de revoir les modalités de remboursement des tests de biomarqueurs, y compris des panels génomiques plus larges utilisant le séquençage de nouvelle génération (NGS) et le profilage génomique complet (CGP). Il vise également à développer un modèle de financement plus intégré, dans lequel le remboursement des tests diagnostiques est mieux aligné sur l’utilisation des médicaments de précision (action 23).

C’est important pour le cancer du poumon ALK-positif, car les patients peuvent avoir besoin de différents types de tests moléculaires à différents stades de leur maladie, en particulier si une résistance au traitement apparaît.

L’accès à des tests de biomarqueurs complets et rapides ne devrait pas dépendre de l’hôpital où le patient reçoit son diagnostic.

Biopsie liquide et ADNtc : une avancée importante

Un aspect particulièrement pertinent du nouveau Plan Cancer est sa reconnaissance explicite de la biopsie liquide utilisant l’ADN tumoral circulant (ADNtc) (action 23).

La biopsie liquide permet aux cliniciens d’analyser le matériel génétique d’origine tumorale présent dans une prise de sang, offrant dans certaines situations une alternative moins invasive ou un complément à la biopsie tissulaire.

Le plan reconnaît que les modalités de remboursement actuelles ne reflètent pas pleinement la pratique clinique, qui recourt de plus en plus à des panels génomiques larges et à des biopsies liquides. Il reconnaît également que les biomarqueurs sont importants non seulement au début du traitement, mais aussi pendant le suivi du patient.

L’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI/RIZIV) est chargé des travaux sur un cadre de remboursement plus intégré, dont le lancement est prévu au cours du second semestre 2027. Le cadre proposé vise à intégrer les progrès du diagnostic moléculaire tout en tenant compte de leur valeur clinique et de leur rapport coût-efficacité. (health.belgium.be)

Pourquoi est-ce important pour le cancer du poumon ALK-positif ?

La biopsie liquide peut être utile pour étudier une résistance acquise aux traitements ciblant ALK. En analysant l’ADNtc, les cliniciens peuvent identifier des modifications moléculaires qui aident à orienter les décisions de traitement ultérieures.

Les chercheurs étudient également deux autres applications.

Maladie résiduelle moléculaire (MRD)

Après un traitement à visée curative, un test d’ADNtc très sensible peut détecter des signes moléculaires de cancer résiduel, même lorsque l’imagerie conventionnelle ne montre aucune maladie détectable.

Des recherches suggèrent que les tests d’ADNtc-MRD pourraient aider à identifier les patients présentant un risque accru de récidive. Cependant, des preuves supplémentaires sont nécessaires pour établir si l’adaptation du traitement en fonction des résultats de MRD améliore les résultats cliniques dans le CPNPC.

Suivi moléculaire répété

Dans le cancer du poumon ALK-positif avancé, des tests d’ADNtc répétés sont étudiés comme moyen de suivre la réponse au traitement et, potentiellement, de détecter des signes moléculaires de résistance émergente avant que la progression ne devienne visible à l’imagerie.

Cela pourrait, à terme, aider les cliniciens à mieux comprendre comment les tumeurs réagissent aux thérapies ciblées au fil du temps.

Toutefois, le suivi répété de l’ADNtc en routine n’est pas encore un standard de soins établi dans le CPNPC ALK-positif avancé.

Une limite importante est que certaines tumeurs libèrent très peu d’ADNtc dans la circulation sanguine. C’est particulièrement le cas lorsque la maladie est limitée au système nerveux central, où un test sanguin peut ne pas détecter un cancer actif. Un résultat d’ADNtc négatif ne signifie donc pas nécessairement l’absence de cancer et ne peut pas remplacer une imagerie appropriée.

Bien que le Plan Cancer national reconnaisse explicitement la biopsie liquide et l’importance croissante des tests moléculaires pendant le suivi, il ne prévoit pas spécifiquement le remboursement des tests d’ADNtc-MRD ni du suivi répété de l’ADNtc en routine.

D’autres recherches cliniques et évaluations seront nécessaires pour déterminer comment ces applications émergentes peuvent être intégrées dans les soins oncologiques de routine.

Centres spécialisés du cancer du poumon et tumor boards moléculaires

Le Plan Cancer propose de concentrer certains aspects complexes des soins oncologiques dans des centres spécialisés, tout en permettant à d’autres services de rester plus proches du domicile des patients.

La chirurgie oncologique thoracique, y compris la chirurgie du cancer du poumon, est désignée comme domaine prioritaire. Le plan fixe le 30 juin 2028 comme date cible pour organiser la prise en charge du cancer du poumon dans ce cadre (action 5). Cela ne signifie pas que tous les traitements du cancer du poumon seront transférés vers des centres spécialisés.

Le plan prévoit également un tumor board moléculaire national, prévu pour 2028 (action 8).

Un tumor board moléculaire réunit des spécialistes en oncologie, en pathologie moléculaire et d’autres disciplines pertinentes pour interpréter des résultats moléculaires complexes et soutenir les décisions de traitement.

Pour les patients atteints d’un cancer du poumon ALK-positif, cela pourrait être particulièrement précieux lorsque des altérations moléculaires inhabituelles ou des mécanismes de résistance apparaissent.

Il sera important de garantir que les patients traités en dehors des grands centres oncologiques puissent accéder à cette expertise. (health.belgium.be)

Accès aux traitements innovants et aux essais cliniques

Le Plan Cancer aborde également l’accès aux médicaments anticancéreux innovants.

Il prévoit le suivi de l’impact des programmes d’accès précoce pour les personnes atteintes d’un cancer (action 28) et l’examen d’un cadre de financement durable pour certains traitements hors indication (off-label) dans les cancers rares et complexes (action 7).

Cependant, le plan ne précise pas si le cancer du poumon ALK-positif entrerait dans le champ d’application du cadre proposé pour les traitements hors indication.

Pour les personnes atteintes d’un cancer du poumon ALK-positif avancé, l’accès aux thérapies ciblées plus récentes et aux essais cliniques peut devenir particulièrement important lorsque les traitements existants cessent d’agir.

Le plan propose également d’améliorer l’organisation des essais cliniques et d’explorer des activités d’essais décentralisées (action 25).

Ces mesures pourraient, à terme, réduire la contrainte des déplacements vers des centres spécialisés en permettant que certaines procédures d’étude se déroulent plus près du domicile des patients.

Toutefois, ces propositions ne garantissent pas encore l’accès à des traitements ou à des essais cliniques spécifiques.

Dépistage du cancer du poumon et diagnostic plus précoce

Le Plan Cancer propose d’évaluer la faisabilité d’un dépistage du cancer du poumon basé sur le risque, en tenant compte des données scientifiques, des bénéfices pour la santé, du rapport coût-efficacité, de la capacité du système de soins et des implications budgétaires (action 19).

C’est pertinent pour le cancer du poumon ALK-positif, qui peut survenir chez des personnes plus jeunes et chez des personnes qui n’ont jamais fumé.

Bien que les programmes de dépistage du cancer du poumon ciblent généralement les populations à risque élevé, la reconnaissance et l’investigation plus précoces des symptômes de cancer du poumon chez les personnes en dehors des groupes de dépistage traditionnels méritent également l’attention.

Pour ALK Positive Belgium, cela implique notamment de faire savoir que le cancer du poumon n’est pas exclusivement une maladie liée au tabac et que des symptômes persistants ou inquiétants doivent faire l’objet d’examens appropriés, quel que soit le passé tabagique.

Le plan n’instaure pas de programme national de dépistage du cancer du poumon. Il s’engage à évaluer si un dépistage basé sur le risque serait réalisable, en commençant par le cancer du poumon au cours de la législature actuelle.

Qualité de vie et vivre avec le cancer

Grâce aux progrès des traitements ciblés, certaines personnes atteintes d’un cancer du poumon ALK-positif avancé vivent pendant de longues périodes tout en poursuivant leur traitement.

Le Plan Cancer reconnaît l’importance des soins de support, de la revalidation, des résultats rapportés par les patients et des conséquences à long terme du cancer et de son traitement (actions 29 et 30).

L’action 29 porte principalement sur l’après-cancer et les soins après le traitement, tandis que l’action 30 adopte une approche plus large visant à intégrer les expériences, les préférences et les besoins des patients tout au long du parcours de soins.

Cela inclut des aspects de la vie quotidienne qui vont au-delà des résultats cliniques, comme le fonctionnement physique, le bien-être émotionnel, l’autonomie, les relations familiales, le travail et la participation sociale. (health.belgium.be)

Vivre avec un cancer métastatique sous traitement continu

Si le plan aborde l’après-cancer et les soins centrés sur le patient, une attention accrue est nécessaire pour les personnes qui vivent longtemps avec un cancer métastatique et restent sous traitement continu.

Leurs besoins peuvent différer de ceux des patients qui ont terminé leur traitement.

Les effets secondaires à long terme, les changements cognitifs, la fatigue, le bien-être émotionnel et la difficulté de concilier traitement, travail et vie de famille doivent également être reconnus.

Pour les personnes qui reçoivent des thérapies ciblant ALK, la gestion de ces difficultés fait partie intégrante du maintien de leur qualité de vie.

ALK Positive Belgium estime que les personnes vivant avec un cancer métastatique mais contrôlé doivent être associées à l’élaboration et à l’évaluation des futurs parcours de soins de support.

Leurs expériences peuvent contribuer à garantir que l’amélioration de la survie au cancer s’accompagne d’améliorations concrètes de la vie quotidienne.

De la politique à l’accès pour les patients

Le Plan Cancer national belge offre un cadre important pour améliorer les soins oncologiques au cours de la prochaine décennie.

Son impact dépendra toutefois de la manière dont les actions proposées seront financées, mises en œuvre et évaluées.

ALK Positive Belgium sera particulièrement attentive aux points suivants :

  • Tests moléculaires : garantir un accès rapide et équitable à des tests de biomarqueurs complets, y compris des tests appropriés lorsqu’une résistance au traitement apparaît.
  • Biopsie liquide et ADNtc : suivre l’évolution du remboursement et soutenir une recherche fondée sur les preuves concernant la maladie résiduelle moléculaire et le suivi moléculaire répété.
  • Soins oncologiques spécialisés : améliorer l’accès à l’expertise moléculaire, aux services spécialisés du cancer du poumon et au tumor board moléculaire national.
  • Traitements innovants : soutenir l’accès aux thérapies ciblées, aux essais cliniques et à des parcours d’accès précoce appropriés.
  • Diagnostic précoce : sensibiliser au cancer du poumon chez les personnes plus jeunes et chez celles qui n’ont jamais fumé, parallèlement à des approches de dépistage fondées sur les preuves.
  • Qualité de vie : veiller à ce que les personnes vivant avec un cancer avancé sous traitement de longue durée soient représentées dans la planification des soins de support et dans la recherche centrée sur le patient.

Notre engagement

ALK Positive Belgium est convaincue que les progrès de l’oncologie de précision doivent se traduire par des améliorations concrètes pour les patients.

Notre priorité est de garantir aux personnes atteintes d’un cancer du poumon ALK-positif, partout en Belgique, un accès rapide et équitable aux tests moléculaires appropriés, à l’expertise spécialisée et à des traitements efficaces.

Nous continuerons à suivre la mise en œuvre du Plan Cancer national, à dialoguer avec les acteurs concernés et à faire entendre le point de vue des personnes vivant avec un cancer du poumon ALK-positif.

La prochaine étape consiste à transformer les engagements politiques en améliorations concrètes de la prise en charge des patients.

Sources

Plan Cancer belge 2026–2036

Service public fédéral Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement (SPF Santé publique / FOD Volksgezondheid), octobre 2026.

Documents officiels :

Cet article fait référence aux actions 5, 7, 8, 19, 23, 25, 28, 29 et 30 du Plan Cancer national.

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